Was Peche

Béritablement von....

lundi 30 juillet 2007 par Congriste

Une toute première sortie péla par Génieducabanon, très romancée mais tellement bien racontée.

Amis de la contrepeterie des sujets, bonsoir...

c’est d’une plume épuisée mais impérieuse que je m’adresse à vous ce soir...

voici les faits : a few days ago, Maître congriste se tâte (en public sur le forum) pour une sortie ce jour.. j’avais décidé de bloquer ce jeudi afin de le consacrer à la chose halieutique.

Depuis le temps...

Fiat lux (n’est pas génie qui veut) !

La proposition est sur les rails, le tout monte comme un soufflé à 40°sous l’oeil de Ginette Mathiot, discussion sur l’horaire..le départ à 6h utc me convient mieux qu’à ma moitié, laquelle devrait en ce cas jouer solo les monos de l’UCPA pour notre commune progéniture.

Las !

La sortie est accordée moyennant concession maritale à brève échéance : il ira pêcher, elle se fadera les trois minots, mais l’après pêche sera réinvestie en salutaire amélioration des locaux pro de la miss, à grand renfort de perceuse, chevilles pour matériaux creux, pinceaux et toute cette sorte de choses.

Que je hais, bien que manifestant un goût certain pour la chose menuisière.

Mais là, non, on parle de bêtes trous.

Il dit oui.

ça, c’était hier.

Je règle, avant de l’éteindre, (y’a rien pour toi Hub !) mon portable sur 5h, et me jette dans les draps sur les coups de minuit moins le quart... et dors du sommeil du juste jusqu’à 1h.

Et là, plus moyen...aller retour frigo menthe à l’eau / hamac de la terrasse, lecture inattentive de romans à l’eau rosée, engouffrage de canistrelli dont les derniers résidus anisés m’ont profité jusqu’au planier, images de peils tout bleus...4h enfin, je sors jeter des leurres dans une eau aussi cristalline qu’improductive....

Bon...je me rends donc au tabac ouvert, faire provision de fumigènes, et boire l’infâme mais traditionnel café matinal.

Puis, ma montre, usée prématurément des regards que je lui jette, indique 5h50....l’échéance approche, je reprends mon souffle et me dirige vers le lieu de rendez vous, le repaire du Garri.

Là, occupant le mètre carré de trottoir phocéen nécessaire à mes cent pas, je scrute l’horizon....

Marseille s’éveille, les camions sont peut être pleins de lait, les balayeurs j’en ai pas vu...

Trop tôt, pour le Sud.

Les gabians, précieux auxiliaires de la collecte des ordures ménagères chez nous, poussent leurs becs vers le ciel .

Ici, c’est eux, la frontière entre la nuit et la journée.

J’ai une vue imprenable, depuis le quai.

Une silhouette se découpe à 6 h tapantes sur l’horizon de la place Thiars.

Aussitôt, les cris des gabians cessent.

La silhouette traverse le silence.

Mais ce n’est pas lui.

Celui que je connais n’a pas ce teint. Il est blanc.C’est un quadra qui bosse avec sa tête.

L’homme qui marche vers moi est jeune, basané, sec et musculeux.

Il porte en bandoulière un immense fourreau de couleur pourpre, empli du cliquetis métallique de ses armes.

Ce n’est plus la place Thiars, c’est un fouillis minéral et hostile, je vois, au ralenti, venir à moi un guerrier Ber Ber, arborant sa tenue de combat...

Inexorablement, sa démarche de grand fauve souple nous rapproche, jusqu’à voir ses yeux...dans leur fond clair, on lit la sérénité que seules procurent les certitudes, celles nées de ses combats, de l’infiniment petit à l’infiniment bleu...

Il me salue en me donnant l’accolade, de ce côté ci du monde, l’embrassade virile donne le bonjour en même temps que la confiance de son auteur, celui qui la reçoit doit en être honoré.

Nous nous dirigeons en silence vers son embarcation, dont les contours sont connus de toutes les vigies.

Au son de nos pas sur son pont, le bateau frémit de bonheur, il sait qu’il repart en campagne.

Bientôt, l’homme et la machine ne font plus qu’un, c’est un centaure marin qui bondit sur les flots, l’étrave du navire ouvre la mer comme un soc ouvre un sillon...ses vagues iront bercer les voiliers endormis.

Je récite secrètement la prière ancestrale des pêcheurs provençaux : "seigneur, faites que l’on prenne assez de poisson pour en donner, pour en manger,pour en vendre (c’est la version d’origine) et pour s’en laisser voler !"

Le navire trace sa route, il connait le chemin,un seul mot de son maître dirige son destin.

Le planier est en vue, c’est un superbe ouvrage, le Gari ralentit et largue son mouillage.

Le Maitre ouvre la bouche et ses mots sont comptés,il prépare ses armes et je fais le broumé.

En glissant le courant emporte les sardines, on voit leurs feux briller dans l’onde cristalline...

Le café est servi, la première canne plie, son anneau terminal qui plonge vers le bas..d’un geste le Maître indique : ce sera ton combat

Après quelques biards, une péla est ferrée, et c’est mètre pour mètre qu’il me faudra lutter

Je verrai bien plus tard à l’aplomb de la quille, la robe métallique, toute de noir zebrée, elle est là, à dix mètre, son bel argent scintille, je vois enfin le rêve de ma nuit écourtée

Le Maître sobrement plonge le gancho dans l’eau, il guette la péla qui se bat pour sa vie, le crochet tout à coup lui perfore la peau, et Congriste la hisse d’un seul geste précis.

Le poisson argenté sur le pont est couché, un dernier soubressaut, une ultime secousse...le Maître lève la tête et regarde son mousse..

Son visage s’éclaire en partageant ma joie, un disciple de plus de son savoir est né

Je savoure lentement cette première fois..je comprends tout à coup : ma quête est terminée.

Merci, Maître.

Journée magnifique, j’ai pu voir que la réussite, si elle est parfois chanceuse, ne doit en général rien au hasard, en tout cas pas à bord de ce navire.

Congriste est bien plus loquace que décrit ci dessus, plein de conseils judicieux, et en plus d’être un pêcheur d’exception, se confirme être d’une excellentissime compagnie

Je me suis éclaté comme c’est pas permis, la première péla (5kg quèque chose) c’est un délire, tu te demandes ou c’est les piles nucléaires dans ce truc là !

Le bonheur de sortir ça, pour ceux qui l’ont connu, ils savent, pour les autres, je recommande sans modération.

Merci à vous tous enfin, sans qui rien de ce qui précède n’aurait pu être possible, merci à WAS, merci encore à vous.

Au passage, les poissons que l’on dédaigne parfois, moi le premier (maqs, mulets, saupes, etc) font facilement le bonheur de beaucoup de gens, j’ai donné (sans regret, que voulez vous...) hier des biards à des petits vieux et vieilles, ben fallait voir la joie...ces poissons seront dégustés....au prix du peil aujourd’hui, les non pêcheurs aux finances comptées n’en voient pas la couleur.

Pensons y.

Par ordre d’apparition :

Le Maître : Congriste

Le mousse : génie du cabanon :

Les figurantes et figurants :

Le système pileux se développe chez les mousses


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