Was Peche

La malédiction : drame en 4 actes

vendredi 5 octobre 2007 par Congriste

Il est des fois où le rationnel ne fonctionne pas et les bredouilles s’enchaînent. C’est le moment d’en faire appel aux forces occultes.

Acte I : la génèse

hottuna a écrit :
Je m’en vais de ce pas faire engrosser ma chienne.
Ne t’inquiète surtout pas, je te réserve un chiot.

Que le NO KILL te prenne.

Allez savoir, ça part peut-être de là ?

Tout commence samedi dernier. Le WE qui précédait, confrontation radesud-rade nord, 11 belles péla, tout va bien.

Ce samedi donc, nous partons armés d’un bon stock de sardines, certains que ça sera comme la semaine d’avant. Mes équipiers Alain et BSJ sont sereins, ça va être une journée régalade.

Au bout d’une heure, toujours pas un départ, c’est le désert, pas un oiseau, pas une prise sur les bateaux autour non plus. J’essaye de rassurer Gérald, depuis que j’ai sorti ma première péla, je n’ai jamais fait bredouille ou même une seule péla. Minimum deux les plus mauvaises sorties......

La journée se passe et rien, toujours rien, pas plus sur le Gari que sur les autres bateaux autour. La météo est bonne, le vin et la charcuterie aussi, mais rien.....

Je rentre dépité et surtout déçu pour Gérald qui a fait tout ce chemin pour rien.

Je saurai ensuite que les thons tournaient tout près, ce qui expliquerait cette absence totale de poissons. Mais bon, ça me fait une belle jambe, je suis bredouille

Acte II : la confirmation

Bon samedi c’était un accident, peut-être que le dimanche sera meilleur. Je joins un pote du Var qui doit venir le lendemain et avec l’autre équipier, on décide de changer nos plans. Si les pélas sont pas là, on peut éventuellement essayer le denti.

Bon, j’ai remisé le matos depuis presque 3 mois et même si je n’aime pas sortir comme ça au pied levé sans tout préparer, ça devrait le faire.

Le lendemain, dimanche dernier donc, nous voila partis pleins d’espoir. Bref repérage au sondeur, ils sont semble t’il plus bas que d’habitude, on va donc pecher un peu plus profond.

Je suis en train de laisser partir la première canne quand le départ se fait dans mes mains. Je ferre, passe la canne à mon camarade et lui promet une belle régalade qui durera.....5 minutes, décroché !!

Rason a raison, les décrochages comme les bredouilles ça peut arriver.
Je remets donc en pêche, et au bout d’une heure, redépart. Le poisson monte bien, je ne vois pas le poisson mais il doit me rester 15m à monter......décroché

Bon, ça peut arriver, mais honnêtement je préfère que ça arrive aux autres. Pas encore remis de l’énervement, petit départ à nouveau .....rien ! Je remonte, le fil est coupé au niveau du corps de ligne ??? Probablement un coup sur le fil pris lors de la manutention des cannes que je n’ai pas vu.

Trois loupé, l’addition commence à être salée. C’est le calme plat, plus rien jusqu’à 13h00 puis enfin nouveau départ. J’ose à peine tirer sur le fil de peur de casser. Le poisson monte encore bien, il est presque là et.....casse !

Je commence à être fou de rage ! Pour me calmer, une canne part mais le poisson se décroche immédiatement !

Je rentre au port dépité, 5 départs et pas un poisson, 2 invités en 2 jours et 2 bredouilles

Acte III : revoir les fondamentaux

Le dimanche soir, je me refais cette partie de pêche dans la tête et je n’en reviens pas. Trop de petites erreurs accumulées certes mais de là à tous les rater !

Je me concentre donc et je m’imagine être un joueur de l’équipe de France de rugby en train de me faire coatcher par mon homonyme après une déculottée.


Bernard Laporte engueulade
envoyé par Gergovie

Taing, il m’a relégué les tympans !

Revoyons donc les fondamentaux. Je change le fil des moulinets, vérifie tous le matos, prépare une stratégie pour une pêche un peu plus profonde, cette fois ça devrait marcher, reste plus qu’à espérer que la météo soit bonne.

Nous voilà donc partis samedi matin avec l’équipage le plus rôdé qu’il soit sur mon boat (Doumé et Alain), prêts à oublier la mésaventure de la semaine dernière.

La météo est parfaite, juste le vent de nord-est un peu fort comme on en rencontre le matin les jours de beau temps. Après une navigation agréable, on arrive en poste, je passe au point mort pour dériver sur la zone afin de vérifier que nos proies sont bien là.......le bateau remonte au vent ????

En fait, le courant est monstrueux c’est impéchable, et merde ! Nous allons quand même essayer mais je sais bien ce que ça va donner, un grand chelem se prépare

Une microtouche, c’est tout ce que nous aurons de la journée, je rentre encore dépité, 3 fois de suite, ça ne m’est jamais arrivé

Le soir je suis sombre, je ne sais plus que faire. J’ai tout tenté, les problèmes techniques à priori c’est terminé, j’étais concentré, motivé.....

Et donc je me rappelle la phrase de Hot au début et tout en lisant les malheurs de mon pôvre rouquain à la dorade je me dis que nous sommes emmasqués, et quand on est emmasqué, plus question de logique, de technique ou de fondamentaux, il faut autre chose à même d’anihiler les forces maléfiques.......

Acte IV : l’exorcisme

Pour le dimanche, hier donc, je me décide à faire appel aux forces occultes. L’équipage d’abord : le marabout Gigi N’Mola, car tout le monde sait bien ici qu’il est habitué à lutter contre les forces maléfiques, Chercozette, car elle est un peu caraque et Chercot....ben Chercot, je sais pas, peut-être que comme il est bien emmasqué en ce moment, il pourrait bénéficier de l’exorcisme ?

Je prépare donc tout mon matos la veille, bien méticuleusement et surtout je me prépare un grigri adapté : maxillaire supérieur de denti, ail, owner renversé et le plus dur à trouver, une touffe de poil de mola de rade nord (ramené au péril de ma vie, faut pas déconner, Igor il est costaud !).

Le matin, après une nuit courte et agitée, je revêt mon beau caleçon en imitation de peau de crocodile, je glisse le grigri à l’intérieur.

Puis après être allé embrassé ma femme et mes enfants encore endormis à cette heure matinale, je vais faire quelques offrandes au Dieu Denti pour lequel j’ai confectionné un petit autel.

Avant d’arriver au boat, le marabout Gigi N’Mola me dit "pour faire du rose, faut du rose".
Est-ce une énigme ? Le langage est un peu abscont pour moi mais je m’exécute, j’essaye de rapidement trouver du rose sur le port : une bouée, quelques appats à vif et surtout une vache sacrée....rose !

Arrivé sur site, la mer est belle mais les echos aux sondeurs assez rares. Afin de tétaniser mes ennemis du jour à longue dents, j’exécute le Haka des blacks.

Non, pas celui des rigolos de l’hémispère sud, celui du Massilia gang, car au cas où vous n’auriez pas remarqué, notre maillot est noir.

Mais bon, rien n’y fait, les moulins restent désespérément silencieux, le sondeur uniformément gris et ce n’est pas le crucifix renversé en canisses qui semble pouvoir repousser les forces maléfiques.

Après les forces du mal, on a finit par se tourner vers la bonne Mère, peut-être qu’elle pourra faire quelque chose pour nous, pauvres pecheurs.

A ce moment là, la tension est palpable. Marabout Gigi N’Mola en profite pour tourner une brève séquence vidéo. Montez le son, il parle doucement de peur de réveiller les démons mais on entend bien à son rire nerveux qu’il en mène pas large.

Nous attendions la la lumière en incantant "que la lumière soit !"

Et la lumiète fut

Oh, nous on est pas comme certains joueurs de l’OM, on a l’amour du maillot, et on le montre

Allez, il manque quelques grammes mais on dira 6 kg

Pour une petite erreur technique on ratera le doublé de peu juste après celui-ci, puis encore un autre. Mais sur le dernier coup c’est vraiment le poisson qui a été plus malin que nous.


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