Was Peche

Les Sars

dimanche 13 juillet 2008 par Pesca

La famille des sars est composée principalement de quatre espèces

Le sar commun, le sar à museau pointu, le sar tambour, la veirade (ou vérade, ou monvié, quand tout le monde sort des dorades à la pierre et que c’est la huitième qu’on monte) appellation locale de ce poisson à la bande noire près de la tête.

LE SAR COMMUN

Le sar commun est une des espèces les plus présentes dans les petits fonds jusqu’à une quarantaine de mètres. Il vit en groupe plus ou moins importants, selon l’ âge, les plus vieux sont des solitaires, c’est un poisson qui s’adapte avec beaucoup d’intelligence à la pression de pêche trouvant refuge en profondeur face aux apnéistes en lieu et place de la traditionnelle rague sombre dans laquelle se croisent parfois une dizaine d’individus.

A Marseille on dit souvent de ce poisson qu’ « il est allé à l’école », conséquence de l’évolution de son comportement.

Ceux que l’on considère comme beaux individus atteignent 500 grammes à 1k4 sur nos côtes, bien plus gros dans le sud ouest, et en bretagne où il a fait son apparition il y a une vingtaine d’années.

Mais aucun ne vaut en fait le sar bien marseillais, qu’il soit de rade sud ou nord, et voici pourquoi :

Ailleurs, c’est un poisson.

Ici, c’est le témoin d’une étape.

Tout commence par le canillon de bambou , offert par le papé au kiosque à journaux du coin dans l’espoir de pouvoir lire « la Provence » du dimanche bien tranquille.

Les premiers temps, ça marche, le papé peut se consacrer au résultat des boules et des courses, commenter avec ses collègues les exploits fouteballistiques de l’OM entre deux rosés bien glacés sans être dérangé par son boucan de petit fils.

Il est où d’ailleurs, celui là ?

Eh bé, il est tout seul, tanqué à la pointe du dernier gadin de la digue, en train de s’user les yeux sur le petit bouchon de couleur, qui plonge régulièrement sous les pitées des girelles et des gobies, le petit seau de plage se remplit, et le minot rêve d’un monstre, histoire de ne plus se supporter les sourires de papé et ses collègues quand il rentrera tout à l’heure avec son seau….. « Vé ce qu’il a pris le gari, c’est bien, continue, vers le 15 août, tant on peut se faire la soupette »….

Et puis un jour, le mistral est debout, la mer brasse bien, le bouchon danse fort dans l’écume blanche, et plonge brusquement, le bambou plie, et le cœur du minot s’emballe, des coups de tête secouent son bras bronzé, on l’entend jusqu’à Cassis : « Papéééééééé »…

Et au moment où le papé accourt, c’est un superbe poisson de quelques centaines de grammes qui fait des saltos sur le rocher plat….. et un minot qui bombe le torse qui l’accueille, bien droit dans ses méduses.. Quelle saveur ils ont, ces regards qui se croisent…et le canillon devient baguette magique, il a transformé le minot en pescadou !
« il est beau, celui là, dis…bon, ben si tu commences à taper des sars, il va falloir te trouver une canne un peu plus sérieuse »…

Du minot ou du sar, lequel a ferré l’autre, ma foi…..

Et c’est pour cela que l’on a développé des stratégies spécifiques, parce qu’ici un sar, ça nous rappelle toujours quelque chose, mais aussi parce qu’un sar, c’est bien agréable à sortir !

Du bord il faut attendre un coup de vent ( c’est un méridional, quand ça bouge, il en profite) pour aller le taquiner à la pelote , à la pâte, derrière une avancée rocheuse où il viendra se nourrir dans le fracas de la houle, un broumé bien épais à base de sable et de petits morceaux de sardines, croûte de pain, et tant d’autres choses encore, c’est vraiment un ami, ce poisson, qui ne demande pas des esques exotiques ou coûteuses pour agiter les scions .

De nuit c’est là où il rpond le mieux du bord ou en bateau, en calée ou au toc.

La palangre arrive aussi à tromper sa méfiance, tout comme la pêche à la pierre, même si la prise de gros individus reste rare avec cette dernière technique

Enfin il n’est pas insensible à un leurre dans les zones mouvementées, ce n’est pas en général le poisson ciblé par ce type de pêche.

L’été des bancs de plusieurs dizaines de sars forment des boules énormes, un rassemblement étrange en dehors de la période de frai qui se passent autour de février en méditerranée du nord, peut être un rassemblement visant à créer des groupes, des familles …

Sa dentition lui permet d’avoir une alimentation variée, ses incisives devant lui permettent de couper (une patte de poulpe par exemple), molaires puissantes au fond pour broyer des coquillage (oursins, moules, violets) ou des crabes.

Le sar est poisson passionnant, qui n’a pas livré tous ses secrets, sa présence sous l’eau étant inversement proportionnelle à sa présence dans le panier, il reste vulnérable par gros temps ou la nuit, priorité aux courageux.

De plus, dans l’assiette, c’est un bon moment que l’on passe, au four, ou au barbecue, aromatisé ou nature salé, on est rarement déçu.

Rarement, mais parfois : le goût et la consistance de la chair varient étrangement en fonction des individus, jusqu’à la dureté exceptionnelle, mais cela n’est pas courant.

LA VEIRADE

La vérade, avec une belle bande noire sur la tête, est principalement péchée à la pierre, l’automne au moment du frai, lors des rassemblements d’énormes bancs sur des zones de 30 à 60 mètres.
La veirade se tient en pleine eau, quelques mètres au dessus d’un madrépore ou d’un sec

Si culinairement la vérade n’a pas la réputation du sar, les belles portions au-delà de 400g et pouvant aller jusqu’au kilo pour les plus grosses, présente une chaire fine, appréciée des amateurs qui savent s’arranger avec les arêtes.

Veirades en bonne compagnie

LE SAR A MUSEAU POINTU

Le museau pointu se distingue du sar commun par des rayures noires plus nombreuses et une bouche fine et avancée (Bécofino), son poids peut atteindre 1Kg5 , un poisson de 500g sera déjà une belle prise. Il évolue souvent en petit groupe ou seul, on le trouve davantage par chez nous près du bord quand les eaux sont chaudes, il aime chercher sa nourriture dans le ressac de la houle, au bord des grandes digues, c’est donc à la pelote que sa pêche donnera les meilleurs résultats.

Une belle défense nerveuse qui fragilise la ligne fine avec ses dents de lapin, permettra de se régaler à sortir les plus gros spécimens.

Dans l’assiette sa chair n’égale pas le sar, mais frais ça reste un bon poisson.

LE SAR TAMBOUR

Le sar tambour est rare sur nos côtes, il revient avec les beaux jours quand les eaux se réchauffent, c’est dans la famille celui qui devient le plus gros, pouvant atteindre les 3 kilos. Il se reconnait par d’épaisses bandes marron sur son corps argenté. Ils se déplacent par petits bancs, solitaires pour les plus gros, ils se retrouvent au début de l’été pour le frai.

En pêche il répond bien à la pierre si vous avez la chance de croiser son parcours, de très beaux coups de têtes vont ravir vos buscles, il se tient sur les mêmes fonds que le sar, entre coralligène et petites taches de sables, il fréquente aussi les digues profondes.

Il reste toutefois rare dans les banastes , même s’il paraît qu’un certain pescadou de rade sud entré depuis dans la légende aurait pris trois énormes spécimens coup sur coup… avec un peu d’aide de la Rade Nord :)

Une belle brochette à la régulière

Un dernier conseil : dimanche prochain, en achetant la provence….pensez au canillon !

Grazié GénieduCabanon


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