Was Peche

Homme libre, toujours tu chériras la mer

jeudi 18 septembre 2008 par Congriste

Sylvain en plus d’être un pecheur d’exception est aussi un artiste de la photo et un poète. Et quand il fait un reportage c’est toujours magnifique.

ce n’est pas Baudelaire qui a hanté mon sommeil cette nuit ; non... mais des faucilles noires qui fouettent l’eau , des gerbes au bruits de tonnerre , des rires caverneux qui planaient sur la mer , dans le ciel rouge planaient ou piquaient de grands oiseaux moitié-goéland moitié-vautours , moi , j’étais paumé là terrifié mais je ne voulais pas partir , encerclé de thons aux dents gigantesques ..ma foi , c’était un rêve

A six heures j’arrive au port .

A six heures trente , dans la passe , pas un souffle .. j’admire les premières lueurs apaisantes du soleil , sans un coup d’oeil a la terre je file sur l’onde sans ride. Putain que c’est bon !

C’est là que s’impose l’exaltation , c’est là que repose la tranquillité...

Quand le coeur vous sort de la poitrine , a force de cogner.

Sur l’horizon des écharpes de nuages s’imbibent de couleurs de guerre.
Après dix ou quinze minutes de course plein large je ralentis, mes mains écrasent les commandes.....ils sont encore là

Branle-bas de combat !


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envoyé par black-66

Les minutes trainent , aussi lentes que ma jauge baisse vite. Je suis parti sans marge , de plus très vite les chasses s’estompent , la mer devient huile , plus de signe de vie nulle part ...

Sauf au fond

Mais ça n’est pas du grand rouge .

Au bout d’une heure je renonce , plus le choix , pourtant je ne veux pas encore rentrer il me reste deux heures a vivre avant le boulot .

Je stoppe .. et je crois bien que c’est le monde entier qui s’immobilise . Le silence nait de la méditerranée , immense , roi , je m’en impregne sans oser bouger et la mer se laisse caresser

Je finis par sortir du matériel plus fin , et surtout bien plus adapté.

Une dandine rapide scellera le sort de quatre vifs , parfait.

La dérive extrèmement lente est magnifique , je plane plusieurs dizaines de metres au-dessus d’un fond accidenté , mon imagination me montre des cavernes au fond desquelles brillent des paires d’yeux inquiétants ... et pourquoi pas ?

Il est neuf heures , assis sur un pliant , le dos contre la porte , la tête sur la barre , les pieds sur la glacière , a l’ombre du parasol je rêvasse .

Ma Monterra 20lbs se courbe d’un coup sec , le frein peu serré du bull qui l’accompagne se mets a chanter , le reveil est admirable. Envoyant tout valser je mets un quart de seconde a prendre le contact .

Plusieurs fois ces dernières semaines j’ai cassé betement sur du lourd a cet endroit en laissant le poisson toucher le fond . C’est décidé , lui je le bride .

Il se défend très bien , prenant du fil a plusieurs reprises mais une fois décollé du fond , c’est lui qui a perdu...je sais ce que c’est.

Quand il vient mourir en surface , je l’admire.

il est magnifique.

Au peson de bord , 7.9 kg confirmés par la balance du resto où je bosse.

Et une dernière pour Gigi


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