Was Peche

Matinée de forçats...

samedi 3 janvier 2009 par Congriste

C’est tellement rare les reportages des leurreurs que quand il y en a un il faut le savourer. En plus ce coups ci, deux superbes loups pris dans l’écume, ça fait réver. Raconté par Rems.

Ce matin, je suis allé profiter de la fin du coup de mistral avec Didier. Ben ça a pas été de tout repos.

Nous avons fait de la marche forcée en plein soleil avec des sacs à dos bien chargés.

Nous avons soulevé du poids.

Nous avons tordu du métal.

Nous avons plié du carbone.

Nous avons fait chanter les freins.

Tout part de là.

Hier soir, je suis tranquillement en train de siroter une bonne margarita chez des amis, quand mon téléphone sonne. C’est DeltaGolf !

Taing, depuis le temps... Je savais qu’il avait pas trop eu l’occase d’aller pêcher depuis un moment passe qu’il était occupé à autre chose.

Le bonhomme a une voix étrange, surexcitée : "Oh Rem’s, demain, il faut y aller ! Y’a du potentiel, faut surtout pas rater ça. La météo est au top, la mer va être bien ! Bouge-toi le cul et rencard à 6h ! Prends des gros leurres, ça va pas plaisanter ! Et ne sois pas en retard, passe que moi, je m’en fous, je t’attends pas j’y vais tout seul ! Allez à demain !"

Bon, pour ce qui est de choper du lourd par mistral, le gusse a déjà fait ses preuves. Alors même si c’était pas prévu au départ, je vais me démerder pour le rejoindre.

Quelques heures (et quelques margaritas) plus tard, le réveil sonne. Oh putain, j’ai la tête dans le ulc, j’ai pas envie...

Je grignotte un morceau, je mets quelques gros leurres au hasard dans mon sac. Une vérification, j’ai tout ce qu’il me faut (enfin je crois). Je décolle !

Mais j’ai du retard. J’arrive à 6h15 et le Didier ne m’a effectivement pas attendu... Tant mieux, vé. J’aurais pas à subir son train d’enfer pour la marche d’approche.

Je pars donc tranquilou. Le mistral qui a soufflé toute la nuit s’est un peu calmé. Il y a quand-même une grosse houle qui forme de beaux écumiers bien prometteurs... Le gars avait bien vu : les conditions sont bonnes !

Après une bonne marche, j’arrive en vue du début du parcours. Didier y est toujours. En moi même, je me dis "Tu vas voir qu’il m’en a déjà chopé un..."

Ben je me trompais ! En fait il était en train d’en choper un ! En effet lorsque j’arrive à l’aplomb, je le vois batailler avec son salabre au dessus de la mousse.

Taing, il est phénoménal ce mec !

Le temps de descendre, il se pointe avec un monstrass dans le salabre. Je pense être mal réveillé, mais non. Il a bien chopé un tronc d’arbre, là, au milieu de la mer déchainée. Et tout ça quasi sous mon nez sans même que j’ai le temps de venir l’aider ! Remarque, il me l’avait bien dit de ne pas être en retard...

J’arrive pile-poil pour la photo.

J’ai pas été inspiré niveau cadrage et on ne voit pas que le poisson est plus grand que le filet du salabre.

J’ai pas été inspiré niveau cadrage et on ne voit pas que le poisson est plus grand que le filet du salabre.

Un coup de pince, le verdict tombe : 7kg ! Son plus gros dans la mousse...

Je suis à la fois content pour mon pote mais aussi un poil énervé. Chaque fois qu’on est venu là ensemble, il m’a chopé un poisson sous le nez et moi j’ai lamentablement douillé. Ce matin, c’est à nouveau mal parti...

Je monte ma canne, je mets un gros leurre et c’est parti. Je pêche comme un robot, lance-ramène, lance-ramène. Pas un instant de pause. Je suis en mode prédateur ++ et faut que je chope.

Les heures passent. Le soleil est bien levé et toujours rien. Tout à coup pan ! C’est la tape dans la canne, l’adrénaline monte. Mais pas très haut... C’est petit et ça se défend pas comme un loup... C’est une blade !

Je suis vert comme l’incroyable hulk épris de nausées... Mon équipier, goguenard, me nargue : "Mets plutôt un leurre à loup !"

Mais on est tombé sur un banc et il se met à en taper une à chaque lancer...

Finalement, je change de leurre et j’en tape plus. La partie de pêche continue. Didier, lui, a déjà fait sa pêche et il pêchote tranquille alors que plus le temps passe, plus je l’ai mauvaise...

Puis finalement, c’est la délivrance : grosse châtaigne dans la canne. Le poisson me prend du fil. Didier vient me conseiller : il connaît le spot comme sa poche et sait où sont tous les rochers où le poisson peut aller s’enraguer. Je contre les attaques une à une mais il ne veut pas se laisser décoller du fond. Il me reprend plusieurs fois du fil et finit par monter en surface...

Il est cuit ! Je l’emmène à un endroit plus abrité et Didier me le salabre !

Je suis trop content. C’est mon premier gros dans le bouillon.

Il faudra quand-même qu’on fasse des efforts pour le cadrage et la mise en scène passe qu’à force, toutes les photos vont finir par se ressembler...

Celui-ci accusera 5kg sur ma pince-peson ! Ce gourmand avait les restes d’un beau poulpe dans l’estomac...

Ca y est ! J’ai fini par le choper. Mais ça a pas été tout seul. Et j’ai un triple bien retourné sur mon leurre aussi...

On continuera à pêchoter un moment mais pour une paire de blades. Et vers midi, jugeant qu’on avait eu chacun notre compte, on a pris le chemin du retour le sac plus lourd qu’à l’aller mais le cœur plus léger.

Finalement, j’ai bien fait de me lever...


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