Was Peche

Le denti de Bastia-OM

mercredi 13 juin 2007 par Congriste

Ce poisson garde un goût amer. Ce fut mon premier et reste mon plus beau denti pris en csm. Malheureusement, le lendemain fut une triste journée.

Hébergés quelques jours dans la famille de mon pote Jean-Michel à Bastia, nous avions fait quelques belles pêches dans le cap vers Centuri et régalé nos hôtes de sars, corbs et daurades. Le séjour touchait à sa fin et pas moyen de tirer un denti. C’est pas qu’il n’y en avait pas, j’en avait vu d’énormes devant l’îlot de Centuri, mais impossible de les faire venir à l’agachon. Et pourtant j’y crois à ce denti, je me suis monté une arbalète spécialement pour le séjour avec un tube de 1m20 qui me gonflera à longueur de temps car pas trop longue pour la capture de l’essentiel des poissons que nos prendrons.

Comme la voiture à Jean-Michel était en train de rendre l’âme, pour le dernier jour nous avions décidé de ne pas faire trop de route et de ne monter qu’un peu plus au nord de Bastia. Nous avions reperé dans la monotonie de cette zone une avancée rocheuse dans un virage où l’on pouvait garer la voiture et descendre à la mer par un court sentier. Le ciel est pâlot et le vent d’est commence à se lever tout doucement.

Nous nous mettons à l’eau en début d’après midi et retrouvons les paysages sous marin typique de ce versant la de la côte......des herbiers à perte de vue. Je n’ai jamais aimé péché dans ces zones toutes tristes même si la légère houle balançant les posidonies sur fond de bleu profond a un certain charme. Dans ce type de fond, pas grand chose à attendre, il faut juste essayer de trouver un cailloux ou une mate. En effet dans ce genre de désert apparent, le moindre cailloux est souvent colonisé par une importante faune surtout s’il est creux en dessous. Sur des fonds entre 10 et 15 m, je cherche donc des cailloux, en trouve quelques uns qui ne sont pas ensablés ce qui me permettre de tirer de rares corbs.

Avec Jean-Michel, on s’est séparé la dernière heure, lui rentre tout doucement vers la sortie en ligne droite, moi je tire sur la côte pour faire le bord. Toujours rien, pas même un petit loup en maraude. Presque arrivé à la sortie avec une ceinture peu garnie, je reconnais la petite avancée rocheuse repérée de la route, plus que quelques coups de palmes et c’est terminé.

Je descend quand même voir ce qu’il y a sur cette petite falaise sous marine et j’aperçois presque à sa base un faille horizontale. Je rentre à l’intérieur doucement, attend que mes yeux s’habituent à l’obscurité.........vide ! Je remonte et je décide de redescendre pour faire un petit agachon caché à l’intérieur de cette faille. Je suis tranquillement calé quand tout d’un coups je vois venant de ma gauche 2 beaux dentis qui arrivent en nageant nerveusement. Tout doucement je recule dans le fond de la faille, ce qui fait que je ne les vois plus, je ne vois en fait qu’une fenêtre bleue. Et d’un coups ils sont là, en plein milieu de la fenêtre, ils m’ont vu et c’est au moment où le plus proche amorce son démarrage que je lache ma flèche.

Le départ est impressionnant et il me prend même 7-8 mètres de fil sur le moulinet (avec un tel départ je comprend mieux pourquoi en pêche on a parfois pas le temps de prendre la canne en main que c’est déja cassé). Il s’agite dans tous les sens et comme je l’ai tiré un peu trop haut, à mesure que je le ramène à moi en tirant sur la ficelle je vois la flèche déchirer son dos. J’ai maintenant presque le talon de la flèche à la main et là il me passe entre les jambes. Je serre les jambes, et jambes sérrées j’arrive à à attraper ma dague.......ouf je l’ai !! C’est mon premier beau denti et il me parait énorme.

Je ne l’accroche même pas à la ceinture, il ne me reste que quelques dizaines de mètres à palmer pour sortir de l’eau. On fait quelques photos (plus ou moins ratées) sous la pluie qui commence à tomber. Le soir sera festif avec denti au four pesé encore une fois au pèse personne (5kg500), je suis fou de joie même si c’est la veille du départ.

Le lendemain matin, je vais chercher les croissants en bas de la maison et la Boulangère m’interpelle "Oh, vous êtes Marseillais....ce soir ça va être dur pour l’OM !". C’est vrai j’ai oublié, nous sommes le 5 mai 1992 et ce soir c’est la demi-finale de la coupe de France. Bon, on la regardera dans le ferry. Le soir nous prenons le bateau, je ne suis pas encore redescendu de mon nuage et j’ai encore l’image des dentis venant vers moi. Le soir on s’installe dans nos cabines, on s’apprête à aller voir le match dans une des salles du ferry......il n’y aura jamais de match.

C’est pour ça que ce poisson qui reste comme un de mes plus beaux souvenirs de csm gardera toujours un goût amer.


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