Was Peche

La Daurade

mardi 16 février 2010 par Congriste

Voila encore un poisson emblèmatique de WAS, objet de passion et de nuits blanches à attendre que le réveil sonne enfin pour aller la débusquer. De Perpignan à Menton elle nous fait rêver la belle aux sourcils d’or. Merci Djénie pour la rédaction de cet article et merci aux équipes de WAS pour ces merveilleuses photos.

La Daurade selon WAS

Se passe t-il donc quelque chose, ailleurs qu’au Sud ?
Francisco l’Espagnol provoqua sa fièvre il y a cinq cents ans, dans un autre sud.
Celui des Amériques.
Alors, des bateaux sillonnèrent les mers par centaines pour remplir leurs cales avides de cette lumière que seul l’or peut répandre.
L’Eldorado. L’homme en or qui va sur l’eau.
L’or. L’eau.

Marseille, carrefour du monde, berceau, escale ou cimetière de gens de mer.
Marseille où viennent, de bouche à oreille de marin, se réfugier les légendes et récits menacés par l‘oubli, Marseille où la fièvre de l’or agite encore les pêcheurs.
On les voit embarquer à l’automne, déchirant au matin les premiers bancs de brume prometteurs de frimas.
Au petit jour, par le carreau embué , l’échine frissonnante du bonheur d’être au chaud , le casanier regarde octobre s’avancer, au même instant, les feux de la passe voient les conquistadors des deux rades se lancer sur la mer.
A leur bord pas de pelle, nulle pioche, mais des cartes, des moules et des cailloux, parfois un guide qui saura indiquer l’emplacement du filon.

Ils jettent leurs cailloux à l’eau, érigent des pyramides, c’est à leur pied que l’on trouve l’or, celui de la couronne que porte sur son front l’élégante Daurade, ou Dorade, la « Dorada », la Dorée, la petite reine adorée des automnes des pêcheurs Marseillais.

C’est un poisson qui peut atteindre en Méditerranée 70cm et plus de 7kg même si les plus belles pièces prises à la canne sont aux alentours des 3-4 kg.

Front bombé, mâchoire puissante où l’on trouve plusieurs types de dents, incisives tranchantes pour arracher les coquillages aux rochers, et larges molaires pour les broyer.

Ces dernières mettront à mal à nos hameçons, ils se piqueront très souvent dans ses lèvres épaisses.

C‘est un poisson coquet, la pointe de l’opercule est marquée d’une tache orangée du plus bel effet surmontée d’une large marque noire.

Son nom, « sparus aurata », vient de la magnifique bande dorée qui souligne d’un trait lumineux l’arcade frontale.

Outre une méfiance légendaire qui nécessite de pecher avec des fils très fins, ce beau poisson est doué d’une endurance et d’une puissance étonnantes pour sa taille. Contrairement à de nombreux autres poissons, elle va se battre jusqu’au bout et ça n’est que dans le salabre que l’on pourra considérer avoir gagné un combat tout en finesse.

Les individus les plus jeunes sont en bancs souvent immenses, les anciennes isolées.
Les bancs suivent des circuits en fonction de la saison, au printemps elles se rapprochent de la côte et envahissent les ports, les estuaires, les plages et les étangs d’eau saumâtre où elles vont faire le plein de coquillages, vers de mer et autres crustacés.

A la fin de l’été elles quitteront les côtes pour se rassembler et se reproduire plus au large dans des fonds de 30 à 60m .
Comme à toute règle on trouve une exception, il se prend toutes l’année des individus un peu partout, mais cela reste anecdotique.

On la prendra à des périodes différentes selon la pêche pratiquée : pour le pêcheur du bord c’est à la belle saison, pour ceux en bateau près des estuaires c’est au printemps, puis lors de leur passage inverse en septembre.

Les autres les prendront essentiellement lors des regroupements d’automne.

Comment déceler leur présence ?
En rade de Marseille c’est facile, on voit les chalutiers aller et venir jour et nuit. Il est grand temps à ce moment pour les amateurs des rades sud et nord de Marseille d’aller ramasser des cailloux

Car bien évidemment les prises des pêcheurs amateurs ne sont qu’une infime partie de ce qui est chaluté par bancs entiers, et dans des zones parfois interdites aux embarcations professionnelles.

Les plus grosses dorades mordront le plus souvent aux palangres même si de très beaux individus se prennent à la canne.

La dorade se pêche quasi exclusivement à l’appât. En fonction de la zone, de la saison et de la taille des poissons recherchés, on utilisera des appâts différents.
Les principaux appâts sont le bibi, le ver de chalut, la moule, le couteau et le crabe.

Mais d’autres appâts pourront la tenter , petits oursins ou morceaux de céphalopodes. Du bord, on la pêchera en lançant ses appâts assez loin quand il s’agit de sable (surf casting) beaucoup moins loin dans les rochers, voire carrément « dans les pieds »

Attention, c’est un poisson craintif et méfiant, si l’on est découvert, tant pis, il faudra changer de coin.

En bateau dans peu d’eau, mieux vaut lancer afin d’éloigner les appâts du bateau.

Dans des fonds conséquents en revanche on pêchera sous le bateau, toutes les techniques et tous les appâts sont utilisables, mais c’est sans conteste la pêche à la pierre qui reste la préférée des spécialistes Marseillais.

Les palombes du Sud Ouest génèrent une passion qu’on appelle « mal bleu », à Marseille, on parle beaucoup sauf si l’affaire est sérieuse.
C’est pour cela qu’on ne parle pas du « mal d’or », même s’il ronge nombre de Phocéens, ceux qui soupirent discrètement quand, par la fenêtre de leur bureau, leurs yeux vont des platanes jaunis aux brumes de la rade.

Plus loin dans l’est, la passion gagne

même si les explosions de joie sont parfois là bas un peu plus "rentrées"

Rêves de bourriches........

............ou bourriches de rêve.


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