Was Peche

3 Chiffres Day 1

dimanche 24 octobre 2010 par Pesca

Certains d’entre vous connaissent peut être l’émission de France 2 « Rendez-vous En Terres Inconnues », émission où le présentateur emmène une personnalité publique à la rencontre de peuples lointains.
Ben vous me croirez, vous ne me croirez pas, mais France 2 m’a contacté dans la semaine pour tourner un reportage du même genre, à la sauce wasienne...

Je décide donc, dans la semaine, de partir tourner le premier épisode des futurs docs de France 2, qui s’intituleront « Rendez-vous En Terrain Connu... ou Presque », direction Le Pays de La Grande Bouche.
Je ne vous cache pas que j’y vais quand même avec les fesses qui font bravo, pour avoir consulté certains y ayant déjà mis les pieds. Leurs dires étaient peu encourageants « Tu vas voir, Alex, ils ont des bêtes hallucinantes là bas, des grosses libellules qui piquent... puis les locaux ont bizarres... en un mot, MEFFI »...

Plus j’avance, et plus le Monde moderne, à la végétation florissante s’éloigne... je franchis des montagnes...

Je traverse les derniers signes de civilisation, enfin, si l’on peut qualifier cet endroit de « civilisé »...

avant de m’engouffrer dans un tunnel qui me mènera je ne sais où...

Et en effet, je ne sais où je suis à sa sortie ! Plus âme qui vive, une terre aride tout d’abord, écrasée de soleil et de chaleur...

avec de temps à autres un point d’eau où quelques oiseaux courageux tentent de s’hydrater...

Enfin, j’atteins mon but, tout au bout de la route, tout au bout du Monde... J’Y SUIS...!!! et j’ai peur..

Là, j’ai rendez-vous avec le Chef du Village, appelé Le Rouque.
Alors, au Pays de La Grande Bouche, les gens ne s’appellent pas Pierre, Paul ou Jack, ou... comme chez nous, mais « Rouque », « Néné », « Caparos », « Baroudeur », « Big Boss », « Ouin Ouin », « Pizze » et j’en passe... Je vous avoue que cette particularité locale est très déstabilisante au début, mais bon, on finit par s’y adapter tant bien que mal...

Bref, je pars à la recherche de leur Chef, afin de me présenter et voir si je suis accepté dans leur pays. De la légende qui circule dans la Grande Bouche, Rouque serait le fruit des amours de Neptune et d’un moustinadair femelle de Grande Bouche.
Je finis, non sans mal, par le trouver, bien caché à l’abris du feuillage. Il m’observe, me jauge, me juge... Suis-je digne de séjourner parmi eux...?

Petit à petit, la méfiance du Rouque tombe, il sort de sa cachette pour me faire face... il est impressionnant. Dans ces moments là, il faut rester calme, ne surtout pas montrer qu’on est apeuré et impressionné...

Et finalement, il se décide à me montrer son mola, signe qu’il accepte que je reste parmi eux quelques temps !

m’invite à séjourner chez lui et son épouse, Jojo, et m’installe dans la chambre de leur fille partie découvrir le temps d’un week-end la civilisation... Drôle de coïncidence que Rouquette, leur fille, fasse le chemin inverse du mien au même moment.

Lors de la soirée, Ils me convient chez leurs voisins afin d’y déguster une spécialité locale, le « Nem de la Grande Bouche », délicieux au demeurant. J’en ai mangé à m’en faire pèter la sous-ventrière tellement c’était bon. Je tiens d’ailleurs à les remercier encore de leur accueil et leur gentillesse à mon égard... des gens vraiment gentils, un bonheur de les avoir rencontré !!!

Cette excellente soirée s’achevant, il est temps de partir se reposer un peu car le lendemain, Rouque a décidé de m’emmener à la rencontre de leur divinité locale, le ROUGE DE LA GRANDE BOUCHE...durant le championnat de tout gros de Port St Louis du Rhône !!!

Jour 1 :

5h15, le réveil me tire d’une nuit qui a été courte. Je me prépare vite, retrouve Rouque pour avaler un café et charger la voiture. Nous passons prendre Georges, le papa de Rouque et direction le Port.
Alors, pour essayer de vous expliquer qui est Georges, ben c’est Rouque mais en plus agé, y a rien d’autre à ajouter...

C’est là qu’on retrouve le fameux compagnon de Rouque, « Le Rouque », bateau réputé dans toute la Grande Bouche, voire même au delà de ses frontières... On embarque tout le matos et c’est parti pour la descente du Rhône by night.




Après une petite demi-heure, enfin La Grande Bouche se présente à nous et nous ouvre les portes de la Méditerranée et de ses trésors, alors que le soleil comme à pointer le bout de son nez.

Objectif number one, repérer où sont les thons. Et là, tous les moyens sont bons : boules de sardines sur le sondeur, chasses en surface, oiseaux qui plongent...
Mais là, en ce samedi matin, difficile de repérer quoi que ce soit. Les oiseaux sont bien là, à chercher eux aussi, mais pas beaucoup d’activité au sondeur...
Ce n’est que quand le soleil commence à être bien sorti que la vie apparaît en surface. On voit une chasse se dérouler devant le bateau. Rouque met les gaz, la contourne, calcule la dérive et mouille.

On met en route la broumégeuse, la remplit jusqu’à la gueule et elle commence à faire son office. Bon, le courant n’est pas au top du tout, et un vent de terre rend les conditions quelque peu désagréables. Mais bon, on va faire avec. De toute façon, on a pas le choix... Rouque met en place les 4 cannes et l’attente peut commencer.

Comme prévu par la météo, le vent faiblit en fin de matinée et le courant se met dans le bon sens... et comme par enchantement, « blip blip blip blip », le sondeur marque un poisson évoluant vers les 40m... l’espoir revient. Les marques se font de plus en plus régulières, les poissons arrivent dans notre broumé.
Et d’un coup... RIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII, l’Everol se met à chanter ! Mais ça s’arrête relativement vite, sûrement pas un gros poisson... enfin, pour Rouque et son père, car pour moi qui n’ai jamais dépassé les 10kg, même le plus petit sera déjà un record...!!!!
Rouque met en place la canne, je m’installe et commence à pomper... En effet, ça monte relativement facilement, mais ça n’empêche pas mon coeur de battre la chamade !

En 5mn, le poisson est au bateau, un très beau thon d’une trentaine de kilos qui nous présente ses flancs. Seulement, il y a déjà un 80kg sur un autre bateau, et quelques 40kg, donc inutile de garder celui-çi. Un coup de pince pour lui retirer le 9/0 et il repart.

Bon, c’est encourageant tout ça, et moi, ben j’ai quand même un large sourire...!!!!!!

Et l’attente reprend...
L’occasion de déguster la fameuse fougasse de la mère Garcia... ben vous savez quoi, en effet, C’EST BON !!!!
et accompagnée d’un fly s’il vous plaît... Le Rouque a réussi à dégoter une mignonnette de Ricard au fond de la cabine, incroyable...

13h30, Georges commence à avoir un petit creux, et il n’est pas le seul.... Au menu, salade de tomates (préparée sur le bateau, excusez du peu...) accompagnée de jambon cru et autres friandises...

A peine je finis la dernière bouchée de salade, la première canne au cul du bateau part...
Rouque, lui, n’avait pas fini sa salade, et... comment dire... ben la salade, elle a volé par dessus bord, parce que là, ça a l’air bien plus sérieux...

Même ballet plutôt bien rodé à bord, on remonte les autres cannes, on installe celle qui a pité au siège à l’avant, et je m’installe pour la seconde fois..
Ah oui, j’ai oublié de préciser, le Chef de la Grande Bouche avait dit qu’il ne toucherait aucune canne, il veut juste me régaler et me ruiner... incroyable générosité mêlée d’un certain sadisme... étrange mais on est en Grande Bouche, ne l’oubliez pas...


En effet, là, pas la même limonade... Ca ne se laisse pas remonter comme ça, MAIS ALORS PAS DU TOUT !!!
Tain, j’ai beau lui tirer sur la gueule de toutes mes forces, pas moyen de le faire changer de couche d’eau au début, c’est vraiment impressionnant de puissance...

Mais bon, au fur et à mesure, malgré que j’ai les bras en feu, il commence à remonter... Faut dire que j’étais encouragé de façon incroyable par Rouque et Georges, et ça, ben ça pousse à pas s’arrêter malgré que ça ruine..

Après une vingtaine de minutes, une grosse tache blanche s’aperçoit, tournant sous le bateau... c’est bon, c’est presque la fin.... Quelques mètres encore, Georges l’attend avec le ganchou...
Le premier passage est le bon, il est clavé !!!!!! ( t’as vu Rouque, je parle le grandbouchois couramment maintenant...)

Quelle joie me submerge... c’est pas un gros poisson, mais un joli thon, selon les Rouque. Pour moi, il est magnifique !!!


Je suis à bout de forces, il m’a vraiment ruiné. Quelle puissance, quelle force, c’est incroyable et fantastique !!!!!!!!!!!
j’en reviens tout simplement pas, je suis le plus heureux du Monde à cet instant...


Il fait 1,40m et pèse 50kg de pur bonheur...

On décide de le baguer, certes il y a un 80kg de fait, mais ça nous place 2ème du concours pour la première journée, ce qui n’est pas mal du tout.
Son nom de code : FR09-0931

Allez, il est temps de rentrer, la première journée a été bien remplie et il reste pas mal de taf encore : vider le bateau, le nettoyer, rentrer, et débiter/préparer le thon...


Au fait, je vous montre jusque ce que ça donne de mettre un thon entre les mains de Rouque avec un couteau...

Avant :

Après :

C’est ça le Rouque... le frère de Ber, j’vous jure...

La journée s’achève par un passage à la concentre Harley à Port St Louis, histoire de manger un bout, voire de belles machines, écouter un peu de rock et surtout encore et encore bien rigoler.

Et, y a pas à dire, il a le Style le Rouque en biker, un vrai moustinadair de La Grande Bouche !!!


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