Was Peche

3 Chiffres Day 2

dimanche 24 octobre 2010 par Pesca

Jour 2 :

Et c’est reparti pour une nouvelle journée…

Le rituel est identique à celui de la veille, à la différence près que, vu que la vie n’est apparue que plus tard le samedi, Rouque a décidé de partir un peu plus tard.
Je vous avouerais que c’est pas moi qui m’en suis plaint, elle m’avait un peu beaucoup cassé, cette première journée…

Bref, une fois la mer atteinte, rebelote : et cherche les sardines, et cherche les oiseaux, et cherche les thons… et cherche, et cherche, et cherche…

Tain, RIEN de RIEN, nada, pas de vie sur ou sous l’eau… le désert !!!

Tourne, vire, pars, reviens, change de coin, rien n’y fait, c’est comme si les thons avaient disparus.

D’un coup, Rouque voit sauter un gros devant. Plein gaz dessus… Seul soucis, c’est qu’un autre bateau est calé à ½ mile environ. Rouque prend la VHF, demande à son pote si ça le gêne qu’on mouille là, mais apparemment, c’est dans son broumé… ceci expliquant sûrement cela.
Bien sur, Rouque s’efface, et c’est reparti pour un tour…

Ca fait bien 2 heures qu’on cherche, mais pas moyen de trouver où ils sont. L’envie de tout laisser tomber et rentrer commence à se faire sentir.
Mais bon, de concert avec Georges, Rouque décide de mouiller entre le premier bateau, qui finalement a réussi à piter et est au combat ( peut etre avec le thon qu’on avait vu), et un autre bateau qui lui aussi avait pité.

Ma foi, on verra bien. Mise en place de la broumégeuse, etc… vous connaissez la suite maintenant, et l’attente commence, longue, très longue, pour différentes raisons…

D’un coup, alors que Rouque est au téléphone, ainsi que moi-même, un monstre ( j’ai pas d’autres mots sur le coup), monte du fond à 5m de nous et nous prend une sardine qui flottait… !!!!
Branle-bas de combat à bord. Rouque remonte une des cannes pour tenter de le faire piter à la main.

Le voilà qui revient aspirer les 3/4 morceaux que la broumégeuse vient de larguer…

C’est impressionnant et magnifique à la fois, du pur pur bonheur ! Le cœur bat fort dans ces moments là…

Et d’un coup, au 2ème passage de la sardine ( alors que parfois, on peut rester une journée à tenter de faire piter un thon qu’on a vu sans jamais y parvenir), Rouque pousse un grand cri « IL A PITE !!!!!! », lâche tout… La canne se plie, et là, l’Everol ne se met pas à chanter, pas à crier, mais à HURLER tellement ça part fort… Je suis bouche bée, voire même quelque peu effrayé, par tant de puissance… Le moulin se vide à toute allure, alors qu’on met tout en place pour larguer le mouillage et commencer le combat.

Ça est, tout est prêt, Rouque demande les gants en cuir, je les prend pour les lui apporter, mais non, il me demande de les mettre…

Je m’assoie, il m’explique rapidement comment faire pour le travailler façon « Grande Bouche », et c’est parti.
Je remonte à toute allure tout le mou qu’il y a entre lui et moi, tout ce qui est repris est bon. D’un coup, plus moyen de tourner la poignée, c’est bloqué à l’autre bout.

Et c’est là que commence vraiment le combat. Ca consiste à prendre le fil de la main gauche, le plus loin possible entre le moulinet le premier anneau, et de tirer le poisson pendant que la main droite mouline ce qu’on arrive à récupérer, c’est-à-dire mètre après mètre… et il y en a 400 dehors, de mètres…..!!!!

20mn se passent ( décidemment, ça a été la constante du week-end) et enfin, on commence à le voir tourner sous le bateau… et là, un grand stress s’empare de moi tellement la tache qui tourne est grande à mes yeux, c’est pas croyable que j’ai ça au bout de la canne…


Petit à petit, il se rapproche de moi, 1m de pris par çi, 30cm par là, 5m de perdus… Il se semble plus avoir la force de repartir de plus belle apparemment, il n’y a plus qu’à ne pas commettre d’erreurs, et les possibilités d’en commettre sont multiples, soyez en sur ( faire gaffe que le fil ne touche pas le davier central, ne vienne pas frotter la coque, qu’on en tire pas au mauvais moment sur le thon, etc.…).

Ça y est, il est là à tourner en surface… Il est gigantesque, démesuré, magnifique, impressionnant, effrayant…

Georges, de main de maître, le ganche au premier passage. Rouque ganche la queue pour lui passer le lasso. Je lâche la canne pour aller l’aider à faire glisser le poisson vers la porte arrière. Dans un dernier effort, il bascule à bord et voilà… c’est fini…

1m81 pour 110kg… nom de code : FR09-0714

Il n’y a pas de mots pour exprimer tant de beauté… du moins je n’en trouve pas et limite, je ne veux pas en trouver pour le qualifier tellement c’est d’une telle perfection et d’une telle beauté...

On peut rentrer,la journée de pêche est finie.


Comme la veille, ou presque, on rentre à la maison pour finir le travail et faire les dernières photos avec lui.

C’est incroyable, 2 jours avant, je ne m’étais jamais mesuré à plus de 10kg et là, en cette fin de dimanche, j’ai dépassé les 100kg… un poisson plus grand et plus gros que moi ( bien inspiré d’avoir fait le régime pour pouvoir dire ça, moi, tiens…

La journée s’achève comme souvent à la Grande Bouche, autour de la plancha alors que cuisent des steaks de thon… tain, ces steaks de thon à la plancha… ça aussi j’ai pas les mots…

Voilà, ce week-end s’achève, il est temps que revenir à la civilisation, sans un gros pincement au cœur.
Merci Rouque pour ce cadeau exceptionnel que tu m’as fait, je n’en reviens toujours pas que tu m’ais laissé remonter ton dernier thon de la saison, et peut être même ton dernier thon avant un bon moment… Merci mon Lolo, infiniment.
Et merci Jojo pour ton sourire ta gentillesse et ton attention à mon égard tout au long de ces trois jours. Merci…
Rouque, Jojo, vous êtes des gens incroyables, et je pèse mes mots…
Et grand merci à Georges qui a été aux petits soins également, il est à l’image de son fils et sa belle fille…

Et bien sûr, je ne peux terminer ce reportage sans avoir une pensée émue pour Jean-Pierre dit « LE COIFFEUR », que je n’ai pas eu l’honneur de connaître. Mais vu l’émotion que sa disparition a suscité auprès des gens que j’ai côtoyé tout le week-end, on a perdu hier une grande figure de la pêche doublé un homme qui ne l’était pas moins...

Étrange moment que celui où je prend le poisson de ma vie alors que non loin de moi, à quelques miles, une vie s’en va… Il a un goût bizarre ce dimanche dans ma mémoire, m’emplissant d’une joie immense et d’une profonde tristesse pour l’entourage du Coiffeur et ses proches.

Alors bon vent Le Coiffeur, tout WAS t’accompagne ainsi que les tiens


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